28 janvier 2016
Le 16 janvier 2016, le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion a annoncé les nominations du co-président pour l’Ontario de la campagne électorale libérale fédérale, M. David MacNaughton, au poste d’ambassadeur auprès des États-Unis, ainsi que celle d’un membre de l’équipe de transition du premier ministre Trudeau, M. Marc-André Blanchard, au poste d’ambassadeur auprès des Nations Unies.
Il s’agit des premières nominations de non-diplomates à des postes d’ambassadeurs depuis l’élection majoritaire du Parti libéral en Octobre. Bien que le Premier ministre ait le pouvoir exclusif de nommer les chefs de mission, l’Association professionnelle des agents du Service extérieur (l’APASE) estime que la population canadienne est le mieux servie lorsque le gouvernement fait d’abord appel à l’expertise politique, à la capacité d’analyse et au pouvoir de persuasion de ses diplomates de carrière lors de la nomination des chefs de mission à l’étranger.
« L’Association professionnelle des agents du Service extérieur, qui a pris note des nominations de MM. David MacNaughton au poste d’ambassadeur auprès des États-Unis et Marc-André Blanchard au poste d’ambassadeur auprès des Nations Unies, est désappointée que le gouvernement du Canada ait nommé des non-diplomates à deux postes d’ambassadeurs du Canada », a déclaré Timothy Hodges, président de l’APASE. « Du point de vue de l’APASE, cela pourrait laisser présager le maintien d’une tendance inquiétante qui semble vouloir s’établir depuis un certain nombre d’années. »
« Les diplomates de carrières sont, sans aucun doute, les candidats les plus qualifiés et expérimentés pour le poste, du fait qu’ils ont passé au moins 20 ans – et souvent beaucoup plus – à perfectionner leur art. Sans compter que ces fonctionnaires engagés sont bien familiers avec les diverses lignes directrices du Conseil du Trésor en matière de gestion efficace des ressources humaines et financières, ce que les personnes faisant l’objet de nominations politiques ne peuvent pas apprécier pleinement avant leur nomination. Le gouvernement du Canada aura investi des années de formation pour perfectionner son Service extérieur – constitué de fonctionnaires non partisans dont le seul désir est de représenter le Canada à l’étranger et de défendre les intérêts nationaux du Canada. Nommer des non-diplomates s’approche d’un gaspillage de ressources et dévalue le dévouement dont les agents du Service extérieur font preuve tout au long de leur carrière.
« Nous continuerons à surveiller les prochaines nominations du nouveau gouvernement qui, du moins nous l’espérons, fera appel à ses diplomates de carrière extrêmement compétents pour doter les postes de chefs de mission dans l’avenir. Dans l’intervalle, nous souhaitons aux ambassadeurs désignés du succès dans leurs affectations et nous confirmons que nous leur fournirons les mêmes conseils de qualité et le soutien que nous avons toujours offert à nos distingués ambassadeurs, peu importe leur allégeance politique », a conclu M. Hodges.